J’ADORE le concept de ce spectacle ! Ayant grandi dans la campagne albertaine, j’ai passé beaucoup de temps à contempler le ciel nocturne, les constellations qui se dessinaient clairement au-dessus de moi, les aurores boréales qui dansaient de manière spectaculaire. J’étais donc ravie que Julie Lebel m’ait demandé de concevoir « Grande Ourse – Petite Ourse » !
Dès le départ, le spectacle était destiné à partir en tournée, et nous disposions d’un budget très limité ; le défi en matière de conception consistait donc à créer, à moindre coût, un univers somptueux et accueillant qui puisse se replier pour tenir dans deux valises. La conception de la toile de fond « l’arche céleste » a mobilisé toutes mes compétences en matière de fabrication de tentes, ainsi que quelques conseils techniques prodigués par un ingénieur en structure. La traîne double face de Nebula mesure près de 5 mètres carrés, mais doit flotter comme un nuage une fois portée, ce qui nécessite des bretelles de type sac à dos pouvant être retirées discrètement sur scène. Le costume de la Grande Ourse comporte une couche de lumières LED intercalée entre la doublure et la fausse fourrure blanche extérieure, qui devait être amovible pour permettre le lavage. Ces défis ont nécessité du temps et des essais pour être résolus.
Le Théâtre la Seizième, notre coproducteur, nous a apporté un soutien indéfectible à chaque étape. Nous avons pu organiser de nombreuses représentations-ateliers destinées aux tout-petits, indispensables pour nous assurer que nous parvenions à établir un lien avec notre très jeune public. La création de ce spectacle sur une longue période (2 ans) a permis une collaboration approfondie avec les autres artistes impliqués, le tout sous la direction de Julie Lebel, supervisée par sa mentor Jo Leslie. Ainsi, l’univers sonore de Sabrina Mo et la conception lumière d’Andie Lloyd ont contribué à façonner mes créations, tout comme chacune des danseuses (Sarah Gallos, Olivia Shaffer et Isabelle Kirouac) au fur et à mesure que leurs rôles et leur chorégraphie se développaient. J’ai également pu tester la luminosité de différents matériaux dans la salle de spectacle à l’aide de projections et d’éclairages, ce qui m’a permis de choisir les textiles et les objets offrant le plus bel effet visuel.
À chaque étape, il était important de réduire au maximum notre empreinte environnementale. J’ai utilisé des chutes de tissu offertes à Foolish Operations, évitant ainsi qu’elles ne finissent en décharge, et ma première étape pour chaque achat était la friperie, ce qui correspondait également à notre budget. Les articles qui devaient être achetés neufs étaient, dans la mesure du possible, certifiés Oeko-Tex (un label garantissant une production textile durable). Les chutes de tissu étaient récupérées pour des projets d’artisanat ou apportées à des points de collecte de textiles. Les batteries du costume lumineux sont toutes rechargeables. De plus, mon seul moyen de transport est un tricycle électrique, ce qui réduit considérablement les émissions de carbone lors de mes déplacements professionnels.
Espérons que tous ces efforts ne se remarquent pas sur scène. Au contraire, laissons le ciel nocturne et les berceuses de « Grande Ourse – Petite Ouse » nous transporter dans un rêve céleste. Bon spectacle !
Diane Park, scénographe et costumière, Vancouver (Colombie-Britannique), Canada, juin 2026